La fable

La fable est un court récit exprimant une morale. La fable utilise souvent des animaux, des personnages fictifs et est généralement écrite en vers. La morale peut tout aussi bien se situer au début qu’à la fin de la fable. Parmi les auteurs, Jean de La Fontaine est une figure incontestable de style.

Quelques exemples littéraires :

Le Corbeau et le Renard – Jean de La Fontaine

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l’odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
« Hé ! Bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! Que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s’en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. « 
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La Cigale et la Fourmi – Jean de la Fontaine

La cigale , ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau
Elle alla crier famine
Chez la fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle
« Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’oût , foi d’animal,
Intérêt et principal. »
La fourmi n’est pas prêteuse ;
C’est là son moindre défaut.
« Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
– Vous chantiez ? j’en suis fort aise.
Eh bien : dansez maintenant. »

Le Cerf devant la Source – Phèdre

Ce qu’on a méprisé se révèle souvent plus utile que ce que l’on a vanté, comme en fait foi ce récit.
Un cerf, après avoir bu, resta arrêté devant la source et vit dans l’eau son image. Là, tandis qu’il admire et loue la ramure de son bois et blâme la finesse excessive de ses jambes, des chasseurs tout à coup l’épouvantent par leurs cris; il prend la fuite à travers la plaine et grâce à la rapidité de sa course met les chiens en défaut. La forêt ensuite lui donna asile; mais, embarrassé par ses cornes dans le taillis qui les retient, il fut bientôt déchiré par les morsures cruelles des chiens. On dit qu’en expirant il prononça ces mots : « Malheureux que je suis ! Maintenant seulement je comprends l’utilité de ce que j’avais méprisé et combien ce que j’avais loué m’a été funeste. »